Un blog pour réussir sa carrière en entreprise, avec tout le mépris et la cruauté requise

 
 

L’ “Essai sur l’art de ramper à l’usage des courtisans” est un petit texte tiré des manuscrits du Baron d’Holbach, qui s’est retrouvé dans la correspondance de Grimm et Diderot. Encore une pièce à verser au dossier des textes fondateurs du “métier” de manager. Le texte est disponible en ligne sur le site des Classiques des Sciences Sociales. Inspirez-vous de la description du courtisan que donne le baron, pour perfectionner votre identité de manager. Par exemple :

Il faut avouer qu’un animal si étrange est difficile à définir ; loin d’être connu des autres, il peut à peine se connaître lui-même ; cependant il paraît que, tout bien considéré, on peut le ranger dans la classe des hommes, avec cette différence néanmoins que les hommes ordinaires n’ont qu’une âme, au lieu que l’homme de Cour paraît sensiblement en avoir plusieurs. En effet, un courtisan est tantôt insolent et tantôt bas ; tantôt l’avarice la plus sordide et de l’avidité la plus insatiable, tantôt de la plus extrême prodigalité, tantôt de l’audace la plus décidée, tantôt de la plus honteuse lâcheté, tantôt de l’arrogance la plus impertinente, et tantôt de la politesse la plus étudiée ; en un mot c’est un Protée, un Janus, ou plutôt un Dieu de l’Inde qu’on représente avec sept faces différentes.

Que du bon conseil ! Soyez insaisissable !

Si vous ne connaissez pas le site des Classiques de Sciences sociales, il est incontournable : des milliers de textes sont disponibles au téléchargement, et pas des moindres : œuvres de Marx, Alain, John Stuart Mill, Ricardo, Bainville, etc. pour les premiers qui me viennent à l’esprit.

baron d\'HolbachDe même, le baron d’Holbach est un personnage qui vaut le détour. Philosophe et savant du XVIIIe siècle, il n’avait pas la langue dans sa culotte. Très légèrement athée et imperceptiblement anti-curé, il est aussi l’auteur d’une Théologie portative, dont voici, pour mettre l’eau à la bouche, l’entrée “apôtres” :

Apôtres
Ce sont douze gredins fort ignorants, et gueux comme des rats d’église, qui composaient la cour du fils de Dieu sur la terre, et qu’il chargea du soin d’instruire tout l’univers. Leurs successeurs ont fait depuis une fortune assez brillante, à l’aide de la théologie, que leurs devanciers, les apôtres, n’avaient point étudié. D’ailleurs le clergé, comme la noblesse, est fait pour acquérir plus de lustre à mesure qu il s’éloigne de sa première origine, ou qu’il ressemble moins à ses devanciers.

Trvail forcé

Ce n’est pas très gentil pour Force ouvrière, mais vu sous un certain angle, leur facade a un effet comique…

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Pour un sujet d’une série d’articles de l’Humanité sur la souffrance au travail, j’avais communiqué quelques notes au journal. Il en fait mention dans cet article. Je vous livre ici l’intégralité des notes que j’avais envoyées au journal. Lire la suite »

Planning

Méthode pour officialiser le déplacement de sa surcharge de travail hors de ses horaires de bureau.

En réécoutant les Matins de France Culture de hier, je comprends mieux, avec la distance, ce qui s’est passé en fin d’émission. L’exercice étant nouveau pour moi, j’ai été submergé par la discussion avec les chroniqueurs. Leurs longues interventions, qui comportaient chacunes plusieurs éléments sur lesquels je me disais, en les entendant, que j’avais des réactions à exprimer, m’ont pour ainsi dire noyé, et j’ai eu à la fin, de la peine à processer l’information et même suivre une conversation, qui entendue après coup, de l’extérieur, n’avait rien d’abscons. Classique de la situation dans laquelle on n’a aucun recul, et le trac n’aidant pas… Peut-être aussi en avait-on assez de m’entendre débiter des horreurs…

Toujours est-il que ce que disait Clémentine Autain, qui me paraissait difficile à comprendre sur place, est avec le recul parfaitement clair : son souci était de ne pas jeter l’action collective, la communauté de l’entreprise, avec l’eau du bain de la violence au travail.

Il est vrai que la question du pourquoi, pourquoi on travaille, est polémique, il est vrai, je m’en aperçois, que je mets beaucoup de moi-même dans cet écrit, ce qui fait de moi un sociologue anthropologue “amateur”, comme le disait Thomas Baumgartner. Je n’ai pas le souci de réfléchir au delà de l’engagement personnel, dans une structure globale de la société, c’est-à-dire pour faire exagérément simple, de trouver un modèle entre l’anarchie (tout le monde fait selon son bon vouloir) et le communisme (tout le monde s’adapte aux structures sociales). La dictature du prolétariat, c’est aussi la promesse d’une vie totalement organisée pour vous, et d’une activité prédéfinie selon les besoins de la communauté. Ma pensée ne va pas jusque là, et pour le sujet, elle n’a pas besoin sans doute, chacun faisant son choix (ce qui heureusement encore possible).

De ce point de vue, Alexandre Adler a eu parfaitement raison de comparer la situation actuelle avec la Russie soviétique. Dans les deux cas, quand la production réelle, les biens matériels utiles et concrets, sont dépassés par le discours, le vent et le bluff, toute la chaîne de production se vide de son sens, et les gens qui y évoluent y sont perdus comme des fantômes dans une ville abandonnée. Et pas seulement. Quelque soit le produit, quand les conditions de production s’éloignent de ce qui fait qu’un homme est un humain, nous sommes fantômes à nouveau. Je croyais que la finalité d’une société qui en vaut la peine était basée sur un idéal de civilisation, par sur le profit, le mépris et la destruction des ressources.

J’étais ce matin invité des Matins de France Culture. Nous avons discuté motivation au travail, et ambition du manager. Vous pouvez podcaster ou réécouter l’émission. N’oublions pas que la fête du travail, qui devrait s’appeler plus logiquement la fête des travailleurs, se nomme ainsi grâce… au Maréchal Pétain, qui l’a instaurée le 24 avril 1941, comme La fête du Travail et de la Concorde sociale

Vive la Concorde sociale, donc…

Dans le premier jet de mon livre, j’ai écrit un chapitre sur Louis Pasteur… quel rapport avec l’entreprise ? Justement, c’est un peu pour ça que j’ai retiré le chapitre. Le lien, c’était les qualités de communicateur et… le manque de scrupules du personnage. Ce chapitre me tenant à cœur, et ayant fait l’objet de recherches, je vous le soumets ici. Lire la suite »

La confédération CFE-CGC, syndicat de cadres, publie un sondage régulier, réalisé par OpinionWay appelé le “baromètre stress”, qui mesure l’évolution du stress au travail, notamment à travers les facteurs de stress au travail, et ses conséquences sur la santé. Le rapport est disponible en PDF ici, c’est un sondage en ligne via internet sur un panel de 1016 cadres. Résultat : les cadres sentent globalement qu’on leur laisse organiser leur travail à leur convenance. Par contre seuls 64 % estiment que leurs responsabilités sont bien définies. Ils se sentent un petit peu plus épaulés par leurs collègues (on n’a pas demandé s’ils se sentaient épaulés par leur manager… question à poser !). Les objectifs fixés par la direction leur semblent réalistes… pour 57 %.

Seuls 34 % pensent que le temps alloué pour réaliser leur travail est suffisant. 78 % trouvent que la charge de travail est plus lourde qu’il y a “quelques années”. 54 % ont le sentiment que leurs efforts sont reconnus à leur juste valeur (c’est encore beaucoup, je suis surpris). A la question : vos efforts sont-ils justement récompensés… 70 % de non

Sur les indicateurs du stress, que je vous laisse consulter dans le document, conclusion du rapport : “Tous les indicateurs prédictifs du stress sont orientés à la hausse sur cette période.”

Travailler plus pour gagner plus ???

Ne demandez pas à l’entreprise ce qu’elle peut faire pour vous, demandez-vous ce que vous pouvez faire pour l’entreprise… N’est-ce pas le vrai sujet des heures supplémentaires ? Selon la ministre de l’économie, Christine Lagarde, le dispositif des heures supplémentaires destinées à augmenter le pouvoir d’achat « fonctionne » et à un « effet à la fois incitatif et rémunérateur ». Lire la suite »

Le temps est venu de faire tomber toutes ces restrictions qui nous empêchent de consommer librement dans le bonheur. Le Gartner, ce géant du conseil technologique, vient de livrer un rapport fourmillant de judicieux conseils pour l’épanouissement d’un marché qui a trop attendu : celui de la publicité sur téléphone mobile. Lire la suite »


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