12 mai
Futurologie
En 1982, j’avais onze ans. je lisais le Manuel des Castors Juniors. Maintenant, avec quelques années de plus, que me faudrait-il pour savoir dans quel monde je vivrai dans un quart de siècle ? Lire Jacques Attali, Jacques Marseille, les éditorialistes, les économistes du changement global ? Peut-être devrais-je simplement revenir au Manuel des Castors Juniors, qui me semble bien plus doué. Ayant retrouvé le 8ème Manuel chez un bouquiniste, je trouve, page 114 de ce livre paru donc en 1982 :
À QUOI ROULEZ-VOUS?
Les moteurs d’autos de demain préféreront-ils le « super-canne » ou la « betterave ordinaire»? Bien malin qui pourrait le dire! Le prix du pétrole oblige les chercheurs à trouver des carburants de remplacement moins chers.
Au Brésil, une auto sur trois roule avec de l’alcool tiré de la canne à sucre et ça marche parfaitement, mais l’air des villes n’est pas plus parfumé pour cela … En France et dans quelques pays d’Europe, on va bientôt mélanger de l’alcool de betterave à l’essence. Et l’on s’étonnera, après cela, si les autos font des zigzags !
Mais on a trouvé encore mieux : ainsi, les gazogènes fabriquent leur carburant… gazeux avec du petit bois. Et le bois, ça pousse partout. Mais ce n’est pas tout : on prépare activement des carburateurs pouvant utiliser le méthanol, un gaz liquéfié provenant de la décomposition du fumier récupéré dans les étables et les porcheries. Vive les vaches et les cochons!
Dernière nouvelle : les topinambours, ces grosses racines qui servent à l’alimentation du bétail - et dont se sont « régalés » les Français au cours de la dernière guerre! - vont, eux aussi, permettre de préparer de l’alcool pour les autos. Et peut-être que dans vingt ans on aura presque complètement oublié l’usage… du pétrole! Ce serait alors un immense avantage, car tous ces produits végétaux ne sont pas polluants et conservent pur l’air des villes.
J’en connais qui rêveraient d’avoir écrit ça il y a vingt-cinq ans.
Imprimer
