1 mai
Passage sur France Culture
J’étais ce matin invité des Matins de France Culture. Nous avons discuté motivation au travail, et ambition du manager. Vous pouvez podcaster ou réécouter l’émission. N’oublions pas que la fête du travail, qui devrait s’appeler plus logiquement la fête des travailleurs, se nomme ainsi grâce… au Maréchal Pétain, qui l’a instaurée le 24 avril 1941, comme La fête du Travail et de la Concorde sociale…
Vive la Concorde sociale, donc…
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1 mai 2008 à 12:33
Monsieur,
Je vous ai écouté avec un très grand intérêt ce matin sur France culture.
Je suis professeur de Lettres depuis de nombreuses années dans l’enseignement secondaire et en lutte contre la perte du bon sens à l’Education nationale : nombreuses publications sur le sujet, participation à des émissions sur France culture.
J’ai retenu de ce qui a été dit ce matin une idée que l’on peut étendre à l’école mais aussi à de nombreux autres domaines : l’objet de l’entreprise , c’est à dire la fabrication de “produits” est complètement perdu de vue au profit de discussions interminables touchant au marketing ou à la communication : autrement dit l’entreprise ne fait plus d’entreprise, tout comme l’école ne fait plus d’école. Il s’agit uniquement de vendre ou de se vendre, mais on ne sait pas ce qu’on vend puisque l’objet de la vente a été englouti sous des discours abstraits et pompeux.
L’école, comme l’entreprise, est la proie de ces discours et c’est ce qui explique que les élèves ne sachent ni lire, ni écrire quand ils arrivent à l’université, ce qui ne les empêche pas, naturellement, de décrocher leur bac.
Le bon sens, le sens de l’objet, du concret, ont déserté les rangs de l’entreprise comme ceux de l’école. Nous vivons donc dans un monde virtuel fait de communication sur du vent.Le REEL s’évapore de plus en plus avec toutes les conséquences qu’on peut aisément deviner.
En tout cas, alors que je n’ai pas votre livre en main,je vous félicite pour votre courage car critiquer le monde de l’entreprise, fût-ce par l’ironie, n’est pas plus aisé ni plus admis que critiquer l’école ou l’art moderne et ses frasques.
Bien à vous.
Mireille Grange.
1 mai 2008 à 17:45
Très intéressant ce passage sur FC.
Je ne sais pas si les journalistes ont par contre très bien saisi le problème.
Les média communiquent assez peu sur le “système” Entreprise.
Bonne idée de l’avoir écrit et j’espère que l’on va vous retrouver sur différents média.
1 mai 2008 à 19:25
Une injonction paradoxale : mettre trois sous chefs en concurrence dans un service de onze personnes et, après les conséquences prévisibles, enjoindre l’ensemble de ses membres d’avoir une attitude positive pour assainir l’atmosphère. Les subordonnés sont donc sensés être positifs pour l’encadrement…
2 mai 2008 à 1:07
Et moi qui termine mon master en Hache-Euh-Cé pour aller en entreprise, je me pose des questions sur ma capacité à déblatérer en novlangue managériale sans laisser paraître que je n’y crois pas (puisque je sors aussi de Sc (pi)Po et que donc le discours “format-eur” des HEC ne m’atteint pas non plus).
Rassurez-vous, ce n’est pas que je ne méprise pas les prolétaires mais mon estime de moi-même pousse l’outrage jusqu’au mépris des ploutocrates qui occupent les postes de direction.
Pour tout vous dire, je vous envie et vous félicite! Vous vous en êtes sorti en écrivant un livre et vous avez du y prendre du plaisir, manifestement. Tandis que moi, je dois commencer à zéro.
Encovre une fois bravo!
11 mai 2008 à 7:46
Bonjour !
Je commence aussi à constater que certaines personnes, qui ont une vie indépendante (journalistes, politiques, …) ont de la peine à imaginer ce qui se passe dans l’entreprise. C’est presuqe pas croyable. Un peu comme l’impossibilité qu’avait le parti communiste français, il y a quelques décennies, de concevoir la situation en Russie soviétique. Il faut dire que l’entreprise nous est présentée comme l’Eldorado, et les managers comme des héros modernes. Comment pourrait-on imaginer qu’elle est en réalité souvent une jungle bien déguisée, sur laquelle règne une sorte de conjuration du silence, tout cela bien emballée dans des théories clinquantes sur la rationalisation du travail et le développement des potentiels humains ?
Quant à vous, S, courage ! Luttez. Ecrivez, décortiquez et décrivez cette novlangue. Elle vit trop en totale impunité.